Sketch graffiti réalisé en 2009, c’est en fait une seconde variation sur le lettrage « Agis », mis en scène pour évoquer les problèmes que représente la pollution. Les tentacules donnent un petit côté « Lovecraftien » au sketch. Je voulais associer ici le violet, le turquoise et le rouge. L’encrage est réalisé avec des feutres Letraset Promarkers sur un papier Layout en format A3.

Publicités

     Comme vous vous en êtes probablement rendu compte, le graffiti est l’un des thèmes centraux de ce blog. Je vous propose donc aujourd’hui  un petit tour d’horizon sur le sujet.

  • Et celui-ci suscite encore la polémique. Alors, le graff, vandalisme ou art de la rue ? Le débat est toujours d’actualité…

Le graff commence toutefois à acquérir ses lettres de noblesse. Cela commence tout d’abord par une certaine reconnaissance dans les milieux artistiques, en témoignent les chiffres vertigineux atteint par quelques œuvres lors de ventes. Certains artistes sont ainsi aujourd’hui reconnus sur la place publique. Citons Banksy, qui s’est forgé une notoriété  rarement atteinte dans le milieu en mêlant graffiti et techniques de pochoir. Ses œuvres, véhiculant souvent un message politique ou une critique de notre société, ne sont pas dénués d’humour. De plus l’environnement urbain est souvent mis à contribution pour mieux servir le message de l’œuvre.

Les graffs sont aussi devenus de plus en plus élaborés au cours du temps et vont maintenant au-delà du simple tag (même si ces derniers peuvent faire preuve eux aussi d’une certaine créativité et d’un sens typographique poussé), associant des personnages ou mises en situations, des décors au-delà du seul lettrage.

Alors, bien sûr, toutes ces pièces ne sont pas éblouissantes, ce n’est pas le monde de Oui Oui. Et certaines affichent, il est vrai, moins une vocation artistique qu’une volonté d’apposer un blaze (nom), de marquer un territoire ou de flatter un ego pseudo-rebelle. Mais force est de constater que, même pour certaines de ces pièces, réalisées à la va vite, la maîtrise des courbes, des formes est bien là. Je ne cautionne pas le vandalisme (sous entendu le marquage de véhicules, bâtiments, trains, etc. sans accord préalable des propriétaires). Mais ne peut-on pas avoir une certaine tolérance dès lors qu’il s’agit de bâtiments désaffectés ou de lieux sinistres et sinistrés ?

Certaines municipalités l’ont bien compris. Laisser des espaces dédiés au graffiti est à mon sens une véritable bonne idée. Plus besoin de se cacher et de peindre en vitesse. Il est alors possible de prendre son temps et de travailler sur des pièces plus fouillées et subtiles. Même la SNCF l’a compris, avec cet exemple de locaux de la SERNAM. Et laisser des murs aux graffeurs ou writers, c’est aussi l’occasion de favoriser les échanges avec les spectateurs et de dé-diaboliser le graff.

Alors, art ou vandalisme, sans doute un peu les deux, mais surtout un art gratuit, accessible à toutes et tous, ce qui tranche avec les affichages habituels de notre société. Pourquoi accepter sans broncher l’envahissement publicitaire de nos rues et dénigrer une œuvre qui n’a rien à vendre ? Changeons simplement notre regard et nous verrons la beauté de certaines pièces au lieu de se sentir (inutilement) agressés.

  • Styles de graffs :

Il n’existe pas qu’une forme de graffiti mais bel et bien plusieurs. Chacune a ses codes, suffisamment complexes pour que les quelques lignes ci-après paraissent un peu réductrices.

Le Tag, est une signature, généralement très travaillée sur le plan de calligraphie ou de la typographie, réalisé au marqueur ou à la bombe.

Le Throw Up ou Flop consiste quant à lui à apposer des lettres, parfois sans lever la main, qui prennent une forme de ballon, gonflées et toutes en rondeurs.

Les Block Letters sont des pièces de très grande taille. Le lettrage dessiné est massif et dessiné pour être vu de loin.

Les pièces et fresques sont des œuvres associant souvent lettrage, personnage et décor, ou lettrage seul, mais avec utilisation de plusieurs couleurs. Plusieurs styles distincts coexistent. Le Wildstyle, dans lequel les lettres sont torturées, rendues parfois abstraites pour y pousser l’effet pictural, le style 3D (tout est dans le nom), ou le style Ignorant, sorte de graff enfantin et décomplexé, mais non dépourvu de talent.



  • Iconographie graff

Lorsqu’il s’agit de fresques, le graff associe souvent des personnages. Parmi ceux-ci, quelques icônes récurrentes viennent nous flatter la rétine. Citons ainsi Vaughn Bodé, l’un des auteurs de BD underground le plus célèbre aux States dans les années 60 et son célèbre personnage de sorcier qui se planque dans son chapeau. Les comics sont aussi de la partie et l’on peut souvent retrouver sur les murs Spiderman ou Hulk. Dans un tout autre genre, citons enfin les Bboys (il n’y a pas de signification particulière) issus de la culture Hip Hop ou du Break Dance. D’autres hantent parfois les murs, réels tels que ce bon vieux Salvatore Dali ou inspirés de la BD, d’animations ou de jeux vidéos.



  • Le graff à travers les âges

Bon, on ne va pas pousser le bouchon jusqu’à remonter à la préhistoire, mais de tout temps l’homme a badigeonné les murs. Nous parlerons donc ici d’une époque bien plus récente. De slogans politiques sous l’occupation, le graff est devenu un mode d’expression qui s’est véritablement répandu dans les années 60, revêtant alors petit à petit une forme artistique.

C’est à cette époque que, dans le métro New Yorkais, les rames sont attaquées de façon spectaculaire par des bombes aérosol. Le phénomène monte en puissance et quelques graffeurs sont aujourd’hui devenus des légendes. Citons ainsi Dondy White ou encore Seen qui sont à l’origine du style newyorkais, dénommé aujourd’hui, avec une certaine marque de respect, Old Style. La culture Hip Hop émerge tandis qu’au début des années 80, la ville de New York réprime sévèrement cette forme d’expression. Le phénomène migre alors vers d’autres villes…

Le graffiti est petit à petit considéré comme de l’art, se voyant proposer des espaces dans quelques galeries, et le frisson de l’illégalité titillera l’esprit rebelle de nombre d’artistes pour gagner les grandes villes européennes. Pop-Art et graffiti sont en effet voisins. Paris est touchée par cette vague, elle aussi.

Avec l’apparition de nouvelles bombes, spécialement dédiées au graff (têtes (caps) adaptées, basse pression et multiplicité de teintes) le graff évolue et se décline en différents styles, comme nous l’avons évoqué plus haut. Les pièces deviennent de plus en plus complexes. Il s’enferre dans quelques codes rigides, où la technique prend le pas sur la créativité, avant de s’en échapper à nouveau.

Modèle de société oblige, avec le succès de certains, le graff devient alors business et ses codes envahissent aujourd’hui les espaces publicitaires, apportant un côté urbain branché aux produits vantés. On est toutefois loin de l’esprit précurseur du mouvement ou des préoccupations d’artistes actifs dans nos rues. Est-ce le prix à payer pour une véritable reconnaissance ?

Aujourd’hui, le graff fait partie du paysage urbain des grandes et petites villes. Des revues et magazines se font l’écho de ces artistes talentueux tandis que la généralisation d’internet permet aux writers de prendre connaissance des styles développés dans tous les coins du monde.

     Le graff a encore des choses à dire et son côté underground lui permet de garder une certaine fraîcheur et liberté de ton qui bousculent utilement nos sociétés conventionnelles. Sorte de poil à gratter pictural, de titille conscience offert aux yeux de toutes et tous, il allie le sens du slogan à des typographies élaborées. Les personnages et décors qui les agrémentent montre la haute valeur de certains graffeurs qui ont atteint le statut d’artistes émérites. Vous l’aurez compris, le graff mérite pour moi la place qui lui revient, sans pour autant l’instrumentaliser et le dénaturer.

  • Pour en savoir encore plus :

     Sites généralistes sur le graff :

    

Quelques artistes :

Ce dessin est une étude préalable pour la réalisation d’un tableau. J’ai donc tout d’abord effectué le tracé sur une feuille au crayon gris avant de dessiner des textures pour la peau. J’ai ensuite ajouté des couleurs légères, toujours sur le même tracé pour définir les teintes que j’envisageais d’utiliser…

 

Et voici maintenant la même bestiole, couchée sur une toile et réalisée à l’acrylique. J’ai au passage retravaillé le second plan de la mâchoire qui m’avait posé quelques difficultés sur l’ébauche.

Tiré de l’album « Sound of a white Noise », ce morceau d’Anthrax est l’un des plus abouti de ce groupe de Thrash. Voici la vidéo extraite de Youtube.

Un petit strip en trois cases sur le sujet de ce soir… Je l’ai réalisé sous Flash pour le forum ImperialDream, il y a deux mois environ.

Et oui, petite introspection dans le Thrash Metal avec cet autre groupe mythique, Megadeth. »Petite » entrée en matière avec Hangar 18 tiré de l’album Rust in Peace. C’est tout simplement excellent. Enjoy !

Allez, un peu de Thrash Metal, juste histoire de revenir aux fondamentaux… Faut monter un peu le son pour écouter ce morceau qui reste à mon sens l’un des meilleurs que Metallica ait pondu. J’ai repris un vieil enregistrement, avant que l’ex bassiste des Suicidal, même s’il est très bon, ne se mette à faire le clown sur scène et avant que le groupe ne prenne trop le melon.